En parcourant tous les endroits qui me sont familiers,
depuis 3 ans que je vis à Phuket, je n'avais pas encore
prêté une grande attention à ces petits
bouts de chemin sur le bord de la route, qui ont l'air de "mener
nulle part".
Ou plutôt,
si je les remarquais, ma compagne assise derrière moi
sur la selle de notre Dream 125, n'en faisait pas grand cas,
et nous poursuivions notre route.
Maintenant que je suis seul à bourlinguer à la recherche
de tout ce qui peut ressembler à un accès à une
plage, je n'hésite pas. Après avoir découvert "Paradise
Beach", dévastée par le tsunami (voir
photos - à partir de la ligne 10), et vers laquelle
je me promets bien de retourner avec des amis, je découvre
maintenant "Nui Beach", qui à première
vue, ne semble pas du tout avoir souffert de la catastrophe.
Mais nous sommes déjà 12 jours après
la "grande Vague", et les hôtes de ces lieux
ont déjà tout
nettoyé et remis en place.
Bref, après avoir parcouru les 2 km de chemin cabossé qui
nous séparent de la route qui va de Kata Beach à Nai
Harn Beach, je rencontre Laurie WEST, un anglais, le manager.
Très accueillant, d'emblée il me présente
les lieux :
"Nous sommes ici depuis 7 ans mais l'endroit a commencé à être
développé il y a 14 ans. Au début, il n'y avait qu'un petit
cabanon qui faisait le bar, et la plage. Depuis 4 ans, nous avons construit des
huttes, un restaurant, et aménagé l'environnement.
Nous avons aussi
une équipe de vigiles, car l'endroit
est assez sauvage, et cette plage est maintenant la plus
sûre de toute l'île de Phuket ! Bien sûr,
l'on peut trouver excessif de faire payer l'entrée
250 bahts / 5 € pour un adulte, 100 bahts / 2 € pour
un enfant, mais les gens qui viennent ici ne le regrettent
pas - ils reviennent
!".
En effet, je veux bien croire ce qu'il dit, à ce
que je ressens de paix intérieure en étant
simplement assis au milieu de ce paysage, poétique
et "ailleurs".
Il n'est pas facile d'y accéder : compter sur un
4x4 ! Avec mon Dream 125 je n'en menais pas large dans les
descentes. Le chemin est en terre battue, mais, dit Laurie: "chaque
fois qu'il y a de grosses pluies, nous réparons le
chemin à nos frais. Nous faisons venir un bulldozer
pour niveler, et de la terre pour combler les morceaux enmmenés
par l'eau."
Certes, du fait de cet isolement, on a le bénéfice
d'un endroit magnifique, préservé, non saturé de
bruits ou de monde. Un lieu où l'on peut laisser
ses enfants jouer en toute quiétude, laisser ses affaires
sur sa chaise pendant qu'on barbotte dans l'eau : une équipe
de 5 employés, certains munis de talkie-walkies,
veillent sur votre tranquilité. Discrètement.
Je lui pose la question fatidique: "N'avez-vous pas été affectés
par le tsunami?".
- "Si bien sûr, nous avons eu la première
vague qui a emporté des chaises longues et du matériel
de plongée. Puis nous avons fait évacuer les
40 visiteurs et notre personnel vers la colline qui est juste
derrière nous - et c'est une chance qu'elle soit si
proche !
Et lorsque nous avons apperçu la deuxième vague, plus grosse,
qui s'approchait, nous étions déja tous à l'abri
sur la colline. Nous n'avons eu aucun blessé, tout le monde est
sain et sauf."
Je me promets d'y retourner bientôt, avec ma compagne
et des amis (mais en 4x4 ! - sinon à pied).
Gilles |